Auteur: Anna Paré Vidal

LA VITAMINE D: BIEN PLUS QU’UNE VITAMINE

La vitamine D est une vitamine liposoluble qui diffère des autres vitamines par son origine et son comportement dans l’organisme.

En effet, la source principale de vitamine D3 est la synthèse endogène et non celle obtenue par l’alimentation. Sa forme active agit comme une hormone et non comme un cofacteur dans les réactions enzymatiques comme le font les autres vitamines.

90% de la vitamine D est synthétisée dans notre corps à partir de son précurseur, le 7-déshydrocholestérol, par l’action du rayonnement solaire UVB sur la peau. Environ 10% est obtenu à partir de l’alimentation. La vitamine D3 se trouve dans les  poissons gras comme les sardines, le maquereau, le thon, le saumon sauvage et, dans une moindre mesure, dans le jaune d’œuf, le fromage ou les produits laitiers.

métabolisme de la vitamine D optim D3 végétale

Synthèse, obtention et activation de la vitamine D

Problèmes de carences en vitamine D

En Belgique,  9 personnes sur 10 n’atteignent pas la valeur recommandée (75 nmol/l). (Daoudi 2009)

En France, 80% de la population a un déficit en vitamine D (soit un taux inférieurs à 75 nmol/l,) (Vernay 2006-07)

 

Concentrations sériques de calciférol (25(OH) vitamine D)

ng/ml nmol/L
Carence < 20 ng/ml < 50 nmol/L
Insuffisance 20 – 30 ng/ml 50 – 75 nmol/L
Valeur recommandée > 30 ng/ml >75 nmol/L
Possibilité d’intoxication > 150 ng/ml > 375 nmo/L

1 ng/ml = 2,5 nmol/L

VITAMINE D ET SYSTÈME IMMUNITAIRE

La fonction la plus connue de la vitamine D est son activité sur le métabolisme du calcium et le maintien de la densité minérale osseuse.

Cependant, au cours des dernières décennies, on a découvert que de nombreux tissus et organes de notre corps ont des récepteurs pour la vitamine D et on sait maintenant qu’elle améliore la puissance musculaire, diminue le risque de cancer du côlon, du sein et de la prostate, améliore le contrôle du diabète, diminue le risque d’infections et de maladies auto-immunes, et a un rôle anti-inflammatoire et immunomodulateur important (Matéo-Pascual, 2014 ; Bischoff-Ferrari, 2010 ; Cannell, 2014).

De faibles taux de vitamine D sont associés à une augmentation des maladies infectieuses, en particulier les maladies respiratoires comme la grippe et la pneumonie. Des niveaux adéquats de vitamine D sont également associés à une amélioration du système immunitaire et à une diminution des infections virales et bactériennes (Gunville, 2013 ; Ginde, 2017 ; Wimalawansa, 2018).

La vitamine D a un effet immunomodulateur sur les lymphocytes T et B. Elle régule la production de cytokines dans les processus inflammatoires, en stimulant l’immunité innée et acquise, et a un effet protecteur contre les infections par des bactéries et virus. En cas de carence en vitamine D, le système immunitaire ne fonctionne pas de manière optimale alors que lorsque les niveaux de vitamine D sont suffisants, la réponse immunitaire s’améliore (Sundaram, 2012).

L’INCIDENCE DE LA GRIPPE DIMINUE DE PLUS DE LA MOITIÉ À MESURE QUE LES CONCENTRATIONS PLASMATIQUES DE VITAMINE D AUGMENTENT (SUNDARAM, 2012).

La capacité des cellules endothéliales de la membrane des voies respiratoires à transformer la forme inactive de la vitamine D (25-hydroxyvitamine D) en sa forme active (1,25-dihydroxyvitamine D) a suscité l’intérêt des chercheurs quant au rôle possible de la vitamine D dans la prévention des maladies infectieuses respiratoires aiguës.

Actuellement, de nombreuses études montrent que la vitamine D agit comme un agent anti-infectieux contre le rhume, la grippe, la bronchite, la pneumonie et la tuberculose, et diminue la gravité des maladies pulmonaires obstructives chroniques et de l’asthme (Berry, 2011 ; Zosky, 2011, Wimalawansa, 2018).

 

Incidence maladies Vitamine D niveaux sériques

Relation inverse entre les concentrations sériques de vitamine D et l’incidence de maladies comme la grippe (Wimalawansa, 2018).

Deux méta-analyses majeures montrent comment la vitamine D aide à prévenir la grippe et le rhume:

Dans une première étude, 11 essais, auxquels ont participé plus de 5 000 personnes, ont été analysés. Les auteurs ont constaté que les personnes qui prenaient un supplément quotidien de vitamine D présentaient la moitié du risque de développer une infection des voies respiratoires supérieures (Bergman, 2013).

Dans la deuxième méta-analyse, 25 essais contrôlés randomisés avec plus de 11 000 patients âgés de 0 à 95 ans de 14 pays sur 4 continents ont été analysés. On a constaté que la vitamine D réduisait le risque d’infections aiguës des voies respiratoires supérieures comme le rhume, la grippe, la bronchite et la pneumonie. Même les patients dont le taux de vitamine D était très faible ont vu leur risque diminuer lorsqu’ils prenaient un supplément de vitamine D comparativement à ceux qui n’en prenaient pas (Martineu, 2017).

Comme dans la première méta-analyse, les auteurs ont conclu que la supplémentation en vitamine D est sûre et efficace pour protéger contre les infections aiguës des voies respiratoires supérieures et ont noté que la prise d’une dose quotidienne était la plus efficace par rapport aux doses hebdomadaire ou mensuelle.

Toujours chez les enfants, une étude récente a comparé différentes doses de suppléments de vitamine D et a révélé que ceux qui recevaient 1 200 UI par jour avaient une incidence de grippe plus faible que ceux qui prenaient 400 UI par jour (Zhou, 2018).

LA VITAMINE D POUR PRÉVENIR ET REDUIRE LA DURÉE DE LA GRIPPE

MOINS DE RISQUE D’ATTRAPER LA GRIPPE

Une étude observationnelle portant sur près de 200 adultes en bonne santé qui n’ont pas reçu de suppléments a révélé que les personnes dont les taux de vitamine D étaient plus faibles pendant l’hiver présentaient deux fois plus de risques de contracter la grippe que celles dont les taux étaient plus élevés (Sabetta, 2010).

RÉCUPÉRATION PLUS RAPIDE

De plus, les personnes ayant suffisamment de vitamine D peuvent se rétablir plus rapidement que les personnes souffrant d’une carence. Plus précisément, une autre étude a montré que les personnes dont les taux étaient supérieurs à 38 ng/ml se rétablissaient en deux jours en moyenne, tandis que les personnes dont les taux étaient inférieurs à 38 ng/ml avaient besoin en moyenne de 9 jours pour se rétablir de la grippe (Sabetta, 2010).

 

Además, las personas con suficiente vitamina D pueden recuperarse más rápidamente que las personas con deficiencia. Concretamente otro estudio mostró como las personas cuyos niveles estaban por encima de 38 ng/ml se recuperaban en una media de dos días, mientras que las personas con menos de 38 ng/ml necesitaron un promedio de 9 días para recuperarse de la gripe (Sabetta, 2010).

QUELLE DOSE DE VITAMINE D PRENDRE ?

La quantité de vitamine D à prendre est une information qui n’est pas connue exactement et qui dépend du poids corporel de chaque personne, des concentrations plasmatiques initiales et de la saison de l’année. La dose doit être ajustée individuellement afin d’atteindre la concentration désirée. Et plusieurs chercheurs s’entendent pour dire que les concentrations plasmatiques optimales de vitamine D pour qu’elle agisse comme agent anti-infectieux et protecteur contre les maladies auto-immunes sont de 40 ng/ml (Sabetta, 2010 ; Mateo-Pascual, 2014 ; Gruber, 2018 ; Wimalawansa, 2018).

Une dose de 1000 à 3000 UI par jour est recommandée selon la carence.

 

QUE FAIRE SI JE SUIS DÉJÀ VACCINÉ CONTRE LA GRIPPE ?

La vitamine D améliore la réponse immunitaire aux vaccins antigrippaux, augmentant l’efficacité du vaccin et agissant comme adjuvant dans la protection contre la grippe. Il n’y a aucun problème à continuer à prendre de la vitamine D si vous êtes déjà vacciné contre la grippe, au contraire, le système immunitaire sera mieux préparé pour un contact possible avec le virus.

Anna Paré, diplômée en nutrition humaine et diététique et diplômée en pharmacie. Anna travaille actuellement en pratique privée en tant que diététicienne-nutritionniste, est chargée de cours au MAster en alimentation, exercice physique et sport de l’UOC, est chargée de cours à l’Institut culinaire de Barcelone et est directrice de Nutresalut, où elle mène des activités de formation en alimentation, nutrition et compléments alimentaires telles que conférences, cours, conférences et congrès pour entreprises.

Sources

Bergman P, Lindh AU, Björkhem-Bergman L, Lindh JD. Vitamin D and respiratory Tract Infections: A Systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. PLoS One. 2013 Jun 19;8(6):e65835.

Berry DJ, Hesketh K, Power C, Hyppönen E. Vitamin D status has a linear association with seasonal infections and lung function in British adults. Br J Nutr. 2011 Nov;106(9):1433-40.

Bischoff-Ferrari H. Health effects of vitamin D. Dermatol Ther. 2010 Jan-Feb;23(1):23-30.

Cannell JJ, Vieth R, Umhau JC. Holick MF, Grant WB, Madronich S. et al. Epidemic influenza and vitamin D. Epidemiol Infect. 2006 Dec;134(6):1129-40.

Cannell JJ, Grant WB, Holick MF. Vitamin D and inflammation. Dermatoendocrinol. 2014 Jan 29;6(1)e983401.

Daoudi 2009 Evaluation de la carence en vitamine D chez des patients hospitalisés à Bruxelles. Rev. Med. Brux

Ginde AA, Blatchford P, Breese K, Zarrabi L, Linnerbur SA, Wallace JI, Schwartz RS.

High Dose Monthly Vitamin D for Prevention of Acute Respiratory Infection in Older Long-Term Care Residents: A Randomized Clinical Trial. J Am Geriatr Soc. 2017 Mar;65(3):496-503.

 

Gruber-Bzura BM. Vitamin D and inflluenza – Prevention or Therapy? Int J Mol Sci. 2018 Aug 16;19(8).

Gunville CF, Mourani PM, Ginde AA. The role of vitamin D in prevention and treatment of infection. Inflamm Allergy Drug Targets. 2013 Aug;12(4):239-45.

Martineau AR, Jolliffe DA, Hooper RL, Greenberg L, Aloia JF, Bergman P et al. Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: Systematic review and meta-analysis of individual participant data. BMJ. 2017 Feb 15;356:i6583.

Sabetta JR, Depetrillo P, Cipriani RJ, Smardin J, Burns LA, Landry ML. Serum 25-hydroxyvitamin D and the incidence of acute viral respiratory tract infections in healthy adults. PLoS ONE. 2010 Jun 14;5(6):e11088.

Sundaram ME, Coleman L.A. Vitamin D and Influenza. Advances in Nutrition. Adv Nutr. 2012 Jul 1;3(4):517-25.

Vernay M. et al. “Statut en vitamine D de la population adulte en France : l’étude nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007)”.

Wimalawansa, S. J. (2018). Non-musculoskeletal benefits of vitamin D. J Steroid Biochem Mol Biol. 2018 Jan;175:60-81. 

Zhou J, Du J, Huang L, Wang Y, Shi Y, Lin H. Preventive Effects of Vitamin D on Seasonal Influenza A in Infants. Pediatr Infect Dis J. 2018 Aug;37(8):749-754.

Zosky GR, Berry LJ, Elliot JG, James AL, Gorman S, Hart PH. Vitamin D deficiency causes deficits in lung function and alters lung structure. Am J Respir Crit Care Med. 2011 May 15;183(10):1336-43.