Auteur: Anna Paré Vidal

Vitamine D

La vitamine D est un nutriment essentiel qui joue un rôle déterminant dans la santé des os, surtout pendant la croissance et le développement. Outre la prévention et le traitement du rachitisme et de l’ostéomalacie chez les enfants, la vitamine D a un rôle important dans les maladies liées au système immunitaire (asthme, atopie, sclérose en plaques, diabète de type 1, maladie intestinale inflammatoire), les maladies infectieuses (otite moyenne récurrente, pneumonie, diarrhées, tuberculose…), cardiovasculaires et neuropsychologiques (Mengual, 2018).

QUEL EST LE TAUX ADÉQUAT DE VITAMINE D ?

La concentration de calcidiol ou de sérum 25-hydroxy-vitamine D (25(OH)D) est considérée comme le meilleur indicateur pour mesurer les niveaux de vitamine D.

Selon l’American Academy of Medical Sciences et l’American Academy of Pediatrics, le seuil de carence en vitamine D est estimé à 20 ng/ml (50 nmol/L) pour une bonne santé des os et des minéraux chez les enfants et adultes en bonne santé  (Masvidal, 2012).

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EXISTE-T-IL UNE CARENCE EN VITAMINE D CHEZ L’ENFANT ?

Des études récentes suggèrent un état de carence en vitamine D qui affecte de plus en plus les enfants de tous âges et de toutes races, malgré le fait que les nourrissons à peau foncée (africains, américains et asiatiques) qui sont nourris exclusivement au sein ou dont l’alimentation n’est pas suffisamment complétée constituent le groupe le plus répandu (Martínez, 2012).

Il est donc intéressant de quantifier les taux de vitamine D chez l’enfant et d’apporter un supplément si nécessaire pour palier la carence. (Durá-Travé, 2015; Martínez, 2012).

COMMENT OBTENIR LES BONNES QUANTITÉS DE VITAMINE D ?

Les sources de vitamine D

Les sources de vitamine D sont : l’exposition au soleil, les sources alimentaires et les suppléments.

La principale source de vitamine D est la synthèse cutanée grâce à l’exposition de la peau au rayonnement solaire de type UVB. Les taux plasmatiques varient en fonction de la durée d’exposition au rayonnement solaire, des heures de la journée et de la saison, de l’âge, de la pigmentation de la peau, de la surface exposée et de l’application de crèmes solaires.

Effet nocif des rayons UV du soleil

Il ne faut pas oublier que l’effet nocif des rayons ultraviolets du soleil est cumulatif tout au long de la vie et qu’environ 25 % de cette exposition se produit avant l’âge de 18 ans. En ce sens, les recommandations actuelles visent à limiter l’exposition au soleil dès les premiers mois comme mesure fondamentale dans la prévention du cancer de la peau, même si elles conduisent à une augmentation de la carence en vitamine D. (Martínez, 2012).

Apport en vitamine D chez les nourrissons et les enfants

Peu d’aliments fournissent de la vitamine D, le poisson gras est la principale source alimentaire, suivi du jaune d’œuf et des aliments enrichis qui sont de plus en plus présents. C’est le cas des préparations pour nourrissons et qui, selon les dernières recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), devraient fournir entre 2 et 2,5 mcg de vitamine D par 100 kcal.

RECOMMANDATIONS EN VITAMINE D CHEZ L’ENFANT

Besoins quotidiens en vitamine D – allaitement maternel

En Belgique, les besoins en vitamine D chez les enfants de moins de 10 ans sont de 400 UI/jour et de 400-600 UI/jour pour les enfants de 11-18 ans (Conseil Supérieur de la Santé)

La supplémentation est recommandée:

  • pour les nourrissons allaités au sein et les nourrissons nourris au lait maternisé enrichi lorsque la consommation n’atteint pas un litre par jour ou l’apport quotidien en vitamine D n’atteint pas 400 UI.
  • après un an et jusqu’à l’adolescence, lorsque l’apport alimentaire et l’exposition au soleil sont insuffisants.

Cas particuliers

En cas de malabsorption intestinale, comme la maladie coeliaque, la résection gastrique ou intestinale, l’insuffisance pancréatique (comme la mucoviscidose), la maladie de Crohn et les hépatopathies cholestatiques, l’absorption de vitamine D peut être considérablement réduite.

Les enfants de mères végétariennes devraient également être considérés comme à risque d’hypovitaminose, ou ceux qui, pour des raisons culturelles ou religieuses, sont peu exposés au soleil, les bébés prématurés et ceux qui sont sevrés avec une alimentation inadéquate.

Actuellement, la prophylaxie du rachitisme par carence avec des suppléments oraux de vitamine D pendant la première année de vie est une pratique courante chez le pédiatre de soins primaires (Mengual, 2018).

QUEL EST LE TRAITEMENT LE PLUS APPROPRIÉ POUR UNE CARENCE EN VITAMINE D ?

En cas de carence  sévère en vitamine D, la dose recommandée par le Consensus mondial est de 2 000 UI/jour pour les nourrissons de moins d’un an, de 3 000 à 6 000 UI/jour pour les enfants de 1 à 12 ans et de 6 000 UI/jour pour les enfants de plus de 12 ans, pendant 3 mois, suivie par une supplémentation adaptée à leur âge – voir section ci-dessus (Mengual, 2018 ; Munns, 2016).

Les suppléments de vitamine D peuvent être préparés à partir de vitamine D2 ou D3. Bien que l’on pensait que le potentiel était similaire, des études récentes montrent que la vitamine D3 est la forme active et permet d’augmenter les niveaux de 25(OH)D, donc les suppléments avec D3 sont de choix par rapport au D2.

Les doses quotidiennes sont meilleures que les traitements de choc à forte dose et à dose unique, car elles présentent moins de risques de toxicité et ont également donné de meilleurs résultats (Mengual, 2018).

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Y A-T-IL UN RISQUE D’INTOXICATION ?

N’utilisez pas de doses qui génèrent plus de 50 ng/ml de 25(OH)D

Avec l’alimentation et l’exposition au soleil, il est pratiquement impossible d’atteindre des concentrations de 25(OH)D toxiques. Cependant, la supplémentation peut entraîner une hypercalcémie, une hypercalciurie, une néphrocalcinose et une insuffisance rénale lorsqu’elle est administrée à des doses supérieures aux doses recommandées et que les niveaux toxiques de 25(OH)D sont atteints.

Il semble raisonnable de ne pas utiliser de doses produisant plus de 50 ng/ml de 25(OH)D chez les enfants et les adolescents, car aucun effet sur le squelette n’a été démontré et les doses permettant d’obtenir des effets supplémentaires sur le squelette ne sont pas bien établies.

Apport maximal tolérable en vitamine D

En Europe, les recommandations de l’EFSA et de l’European Society of Gastroenterology, Hepatology and Paediatric Nutrition (ESPGHAN) proposent des teneurs maximale à 1 000 UI/jour dans les premiers mois jusqu’à 4 000 UI/jour chez l’enfant plus âgé/adulte  (Mengual, 2012, EFSA).

Savoir choisir son supplément de vitamine D

Étant donné qu’une grande variété de préparations de vitamine D3 sont actuellement disponibles, les multivitamines ne devraient pas être utilisées pour la prophylaxie à la vitamine D. Il est préférable donc de prendre un complément riche en vitamine D3 facile à doser et à administrer aux enfants (gouttes).

Références

Cliquer pour voir les références

Braegger C, Campoy C, Colomb V, Decsi T, Domellof M, Fewtrell M, Hojsak I, Mihatsch W, Molgaard C, Shamir R, Turck D, van Goudoever J. Vitamin D in the healthy European paediatric population. J Pediatr Gastroenterol Nutr2013 Jun;56(6):692-701.

Dalle Carbonare L, Valenti MT, Del Forno F, Caneva E, Pietrobelli A. Vitamin D: Daily vs. Monthly Use in Children and Elderly-What Is Going On?. Nutrients2017 Jun 24;9(7)doi: 10.3390/nu9070652.

Durá-Travé T, Gallinas-Victoriano F, Chueca Guindulain MJ, Berrade-Zubiri S. [VITAMIN D DEFICIENCY AMONG CHILDREN AND ADOLESCENTS WITH NORMAL NUTRITIONAL STATUS]. Nutr Hosp2015 Sep 1;32(3):1061-6.

Martínez Suárez V, Moreno Villares JM, Dalmau Serra J. [Recommended intake of calcium and vitamin D: positioning of the Nutrition Committee of the AEP]. An Pediatr (Barc)2012 Jul;77(1):57.e1-8.

Masvidal Aliberch RM, Ortigosa Gómez S, Baraza Mendoza MC, Garcia-Algar O.[Vitamin D: pathophysiology and clinical applicability in paediatrics]. An Pediatr (Barc)2012 Oct;77(4):279.e1-279.e10.

Mengual Gil JM. Vitamina D por encima del año de vida, ¿es necesaria o está de moda? En: AEPap (ed.). Curso de Actualización Pediatría 2018. Madrid: Lúa
Ediciones 3.0; 2018. p. 17-30.

Munns CF, Shaw N, Kiely M, Specker BL, Thacher TD, Ozono K, Michigami T, Tiosano D, Mughal MZ, Mäkitie O, Ramos-Abad L, Ward L, DiMeglio LA, Atapattu N, Cassinelli H, Braegger C, Pettifor JM, Seth A, Idris HW, Bhatia V, Fu J, Goldberg G, Sävendahl L, Khadgawat R, Pludowski P, Maddock J, Hyppönen E, Oduwole A, Frew E, Aguiar M, Tulchinsky T, Butler G, Högler W. Global Consensus Recommendations on Prevention and Management of Nutritional Rickets. J Clin Endocrinol Metab2016 Feb;101(2):394-415doi: 10.1210/jc.2015-2175.

Ruyz Ocaña P. etal. Niveles de vitamina D al final de la estación invernal en una población escolar sana. Rev Esp Endocrinol Pediatr 2014;5(2):19-27.

Sánchez Muro JM, Yeste Fernández D, Marín Muñoz A, Fernández Cancio M, Audí Parera L, Carrascosa Lezcano A. [Plasma vitamin D levels in native and immigrant children under the age of 6 years of different ethnic origins]. An Pediatr (Barc)2015 May;82(5):316-24.

Togo A, Espadas Maciá D, Blanes Segura S, Sivó Díaz N, Villalba Martínez C. [Is there vitamin D deficiency in children in a sunny Mediterranean city?]. An Pediatr (Barc).2016 Mar;84(3):163-9.

RÈGLEMENT DÉLÉGUÉ (UE) 2019/828 DE LA COMMISSION du 14 mars 2019 modifiant le règlement délégué (UE) 2016/127 en ce qui concerne les exigences relatives à la teneur en vitamine D et en acide érucique dans les préparations pour nourrissons et les préparations de suite